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Communauté Catholiques Thionville Sainte Famille. Pour une Eglise accueillante et appelante.

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28 février 2010 - 2ème dimanche de Carême C

Dimanche 28 février 2010 - 2ème dimanche de Carême C

 

 

Edito

Citoyens du ciel

 

 

Il ne faut pas beaucoup d'effort pour constater les allusions directes ou non que les lectures de ce dimanche font à la terre. Dans la première lecture, Dieu fait une alliance avec Abraham à propos d'une terre promise en héritage. Mais remarquez que jamais sa descendance ne la possédera vraiment. Abraham l'habita un temps et bientôt dut la partager avec son neveux Lot ; Jacob la quittera à nouveau avec sa douzaine de progéniture pour l'Égypte. Moïse mettra le peuple en marche pour la terre promise, mais le temps des fastes de David et Salomon cède bientôt le pas à la déportation à Babylone, terre étrangère; et lorsque le peuple put rentrer chez lui, bientôt les Grecs puis les Romains les envahirent avant qu'ils disparaissent comme peuple en l'an 135. Où était-elle donc cette fameuse terre promise ?

Dans la deuxième lecture, Saint Paul semble nous l'indiquer : il n'y a aucun intérêt à tendre vers la terre, dit-il ; « nous sommes citoyens des cieux » ! Et dans l'évangile, Jésus conduit ses disciples à contempler une frange de la beauté de ce ciel dont ils sont citoyens. Ébloui, Pierre veut y rester, y construire des tentes ! Mais Jésus lui indique où est la vraie voie: redescendre vers la terre. Car la terre est à nous, mais sans l'être vraiment ; et le ciel est à nous, sans l'être vraiment non plus: notre condition en fait, c'est d'être, tendus, en marche vers... La citoyenneté céleste n'est pas une citoyenneté « acquise » mais « promise » et promise seulement à ceux qui savent habiter la terre !

Un petit texte du IIème siècle, sans doute l'une des plus belles pièces de littérature chrétienne l'illustre admirablement :

« Les chrétiens ne se distinguent pas des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n'habitent pas des villes qui leurs soient propres, ne se servent pas d'un dialecte extraordinaire... Ils se conforment aux usages locaux tout en manifestant les lois vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Toute terre leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère... Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel... Et si noble est [ce] poste que Dieu leur a assigné qu'il ne leur est pas permis de le déserter »

(A Diognète, chapitre 5).

Oui, pas permis de déserter ! Car c'est une erreur de croire que le ciel nous comblera et de nous désintéresser de la terre; comme c'est une erreur de négliger le ciel sous prétexte que la terre nous suffit. À Abraham, Dieu dit « Va ! »; à Moïse, « Va ! »; et Jésus à ses disciples, « Allez ! » Eh bien, en marche! et sur notre route vers cette patrie, semons ici-bas les fleurs de l'espérance : la terre n'est pas loin du ciel et ce sont nos joies humaines et nos amours vécus à fond qui feront l'éternité. Bon temps de carême !

 

Léonard  Delamour  KATCHEKPELE 



 Télécharger le bulletin  paroissial  :    ici

 
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