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Cinq clés pour mettre fin à la crise financière aux Etats-Unis




                                     CINQ CLES POUR METTRE FIN
                            A LA CRISE FINANCIERE AUX ETATS-UNIS






Lettre ouverte de Mgr William Murphy -26 septembre 2008- New-York

Dans une lettre envoyée aux responsables gouvernementaux, Mgr William Murphy de Rockville Centre, New York, président du comité pour la justice intérieure et le développement humain de la Conférence épiscopale, exhorte la prise en considération de cinq principes clés pour faire face à la crise économique actuelle.

La crise économique à laquelle notre pays fait face est à la fois très perturbante et terriblement compliquée.

Je vous écris pour vous assurer des prières des évêques catholiques des Etats-Unis et vous faire part de l’inquiétude de notre Conférence alors que vous êtes face à des choix difficiles afin d’en limiter les dommages et d’avancer avec prudence et justice.

En tant que pasteurs et enseignants, mes frères évêques et moi-même ne peuvent vous apporter une quelconque réponse technique dans ces sujets complexes.

 
Pourtant, nous sommes persuadés que notre foi et nos principes moraux peuvent vous aider à rechercher des réponses justes et efficaces à la tourmente économique qui menace notre peuple.

Dimensions humaines et morales.

Cette crise porte bien plus loin que sur des questions économiques et techniques seules. Elle a un impact humain considérable et d’évidentes implications éthiques qui doivent recentrer le débat et les décisions pour dire comment avancer. Des familles perdent leur logement. Les économies réalisées pour la retraite sont menacées. Des personnes perdent leur emploi et leur couverture sociale. Les solutions économiques, les structures mises en place et les remèdes doivent avoir comme but premier la sauvegarde de la vie humaine et de sa dignité. La recherche scandaleuse de gains excessifs jusqu’à la spéculation dangereuse qui augmente la souffrance et les difficultés des plus vulnérables sont des exemples flagrants d’une éthique de l’économie qui place le profit au dessus de toute autre valeur. Ceci ignore l’impact des décisions économiques sur l’existence des gens ordinaires, la dimension éthique des choix que nous avons à faire et la responsabilité morale qui est la nôtre à l’égard des personnes.

Responsabilité financière.

A l’évidence, des mesures efficaces sont nécessaires : elles doivent porter sur la modification des comportements, des pratiques et des erreurs d’évaluation qui ont mené à cette crise. Malheureusement, la cupidité, la spéculation, l’exploitation de personnes vulnérables ajoutées à des pratiques malhonnêtes ont mené à cette situation grave. De nombreuses personnes irréprochables et vulnérables ont été et seront touchées. Ceux qui ont directement contribué à la crise ou qui en ont tiré profit ne doivent pas en être récompensé, voire être déchargés de leur responsabilité du tort qu’ils ont causé. Toute réponse du gouvernement doit rechercher une plus grande responsabilisation financière, l’obligation de rendre compte et la transparence à la fois dans la vie économique et publique.

Avantages et limites du marché.

Le pape Jean-Paul II fait remarquer que « le marché libre est l’instrument le plus efficace pour utiliser les ressources et répondre aux besoins de façon efficace ». Mais il y a de nombreux besoins humains qui n’y trouvent pas de place. C’est un strict devoir de justice et de vérité de ne pas permettre aux besoins humains fondamentaux de demeurer insatisfaits. Les institutions à la fois publiques et privées ont échoué dans leur mission de prendre en compte les besoins humains fondamentaux. Une nouvelle acception de la responsabilité de tous devrait inclure un renouvellement des instruments de contrôle et de rectification au sein des institutions économiques et les établissements financiers ainsi qu’une régulation et une protection publique efficace autant que nécessaire.

Solidarité et Bien commun.

Le principe de solidarité nous rappelle que cela nous concerne tous et nous avertit que la seule préoccupation d’intérêts restreints peut envenimer les choses. Le principe de solidarité nous enjoint la recherche du Bien commun, non la recherche d’un profit partisan ou d’un avantage économique. La protection des salariés vulnérables, des commerçants, des propriétaires de leur logement, des rentiers et des détenteurs d’actions doit être incluse dans une directive pour la protection des institutions économiques. En tant que chefs de l’Eglise nous vous demandons de donner une vraie priorité aux pauvres et aux plus vulnérables.

Subsidiarité.

La subsidiarité rend les acteurs et les institutions privées responsables d’assumer leurs propres obligations. S’ils ne le font pas, des entités plus grandes, voire le gouvernement, devront intervenir afin d’entreprendre là où les institutions privées ont failli.

C’est un défi pour notre pays. Tous ceux qui ont une responsabilité doivent l’exercer selon leurs rôles respectifs et avec une grande sensibilité pour réformer les pratiques et mettre en avant de nouveaux repères qui soient au service de tous, de toutes les institutions économiques et au service du Bien commun pour notre peuple et notre nation. Ceci ne vise pas seulement les leaders de la vie économique de notre pays. Mais également les leaders politiques et tous ceux qui, par leur propre expertise peuvent contribuer à résoudre la situation d’aujourd’hui.

Notre tradition catholique appelle à construire « une société de travail, d’entreprise et de participation » qui ne « soit pas contre le marché mais qui exige que ce marché soit contrôlé de manière appropriée par toutes les forces de la société et par l’Etat afin de s’assurer que les besoins de base de toute la société soient satisfaits » (Centesimus annus). Nous devrions adopter ces paroles de Jean Paul II comme un repère pour tous ceux qui portent cette responsabilité dans notre nation et dans le monde, en vue du Bien commun.

26 septembre 2008

voir le site de la Conférence des évêques des Etats-Unis


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