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AUTRES COMMUNAUTES DE PAROISSES

 

Saint Pierre et Saint Paul

Curé : Jean GANTZER

 

Paroisses de St Maximin, St Pierre, St Urbain et Beauregard

Secrétariat : Presbytère Saint Maximin

3 place de l’Eglise, Thionville -tél 03 82 54 36 06

Email : paroisse.saintmaximin@orange.fr

Blog : http://stpierrestpaul.over-blog.com

 

Communauté du Bon Pasteur

Curé : Jean Pierre KOVACS

Paroisses de Veymerange, Volkrange, et Terville

Secrétariat : Presbytère de Veymerange

16 rue Saint Martin – tél 09 52 71 15 32 ou 03 82 50 40 06

Email : bonpasteurcourriel@free.fr

Blog : http://bonpasteur.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Archives

7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:18

Rappel

  

Mardi 8 novembre à 20h30 au Beffroi

Jean François Bour, dominicain, originaire de Moselle. Il est adjoint du directeur du Service national de l'épiscopat pour les relations avec l'Islam. Il a passé 10 ans en Egypte à l'Institut dominicain du Caire

Le dialogue interreligieux

« Le dialogue inter-religieux est aujourd'hui une nécessité vitale. » (Benoît XVI) L'engagement du pape est sans hésitation alors même qu'il défend avec ténacité la liberté religieuse et la nouvelle évangélisation. 25 ans après la rencontre d'Assise où de nombreux chefs religieux dont Jean-Paul II prièrent pour la paix, beaucoup de questions se posent cependant : sommes nous capables d'articuler dialogue et témoignage ? Le dialogue et l'estime pour la "foi" des autres croyants sont-ils toujours faciles et évidents? Quelle pâque exigent-ils du chrétien? Quelle responsabilité et quelle espérance contiennent-ils?

 

Mardi 24 janvier à 20h30  au Casino Municipal

Jacques Goetschel, professeur agrégé de philosophie au lycée Jean Monnet à Strasbourg. Il assure des conférences sur la pensée juive dans le cadre des amitiés judéo-chrétiennes.

Le peuple juif et les temps messianiques

De quoi parle-t-on au juste? Les deux attentes ou tentatives du Messie, Joseph et Juda. Pourquoi deux messies ? Question de filiation et de succession, d'universel et de particulier. Les temps messianiques sont l’accomplissement du projet divin de la création, c'est une question d'engendrements et de rédemption de la condition humaine. Le Messie : oui, mais demain !

 

 

LE GROUPE DES AMITIES INTERRELIGIEUSES DE THIONVILLE

(juifs, musulmans, catholiques, protestants)

organise 3 conférences sur les thèmes suivants :

-  Naissance et initiation à la vie, Mercredi 23 Novembre 2011

-  Mariage,Lundi 27 février 2012

-  Funérailles, Mercredi 30 mai 2012

Elles auront lieu à 20h00 à la salle Albert Schweitzer,

à côté du temple.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 11:38

 Prière pour la paix à l'occasion du 

25° anniversaire de la rencontre d'Assise

 Ce soir mercredi 26 octobre à 20h00

Eglise Notre Dame à Thionville

37 avenue de Guise

 


Télécharger la prière pour la paix

 

 

pour le 25° anniversaire  d’Assise

 

 

 

 

Voir le dossier avec toutes les propositions, les prières :

 

 

http://saintefamille.over-blog.org/article-rencontre-d-assise-priere-a-notre-dame-thionville-87102468.html      

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 18:48

Rencontre d’Assise

«Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix»

 

Le Pape Benoît XVI va célébrer le 25ème anniversaire de la rencontre d’Assise.

Nous nous rassemblerons à l’église Notre Dame mercredi 26 octobre de 20h à 21h pour nous unir par la prière à cet événement.

Le groupe des amitiés interreligieuses vous invite à être attentive à cet événement, du 27 octobre à Assise, grand pas «sur le chemin du dialogue et de la fraternité, dans un monde en mutation rapide.»

 

« Faire mémoire de la rencontre d’Assise, 26 et 27 octobre 2011. »

Voir ce dossier destiné aux diocèses, paroisses, aumôneries et mouvements pour célébrer les 25 ans de l’événement d’Assise en répondant à l’appel du pape Benoît XVI qui souhaite que des initiatives locales accompagnent la veillée à Rome puis la journée au cours de laquelle il se rendra à Assise avec des invités, représentants toutes les traditions religieuses du monde

sur le thème « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix  ».

 

Cliquez ici pour télécharger le document au format PDF >>  

voir aussi aussi après l'image

 

D’autre part dans le cadre des Conférences Chrétiennes de Thionville deux soirées sont organisées :

 

 

Le dialogue interreligieux

 Jean François BOUR

 Dominicain, adjoint du directeur du Service national de l'épiscopat pour les relations avec l'Islam

 Mardi 8 novembre à 20h30 au Beffroi.

 

 Le peuple juif et les temps messianiques

Jacques GOETSCHEL 

Professeur de philosophie. Intervenant dans les groupes des Amitiés judéo-chrétiennes.

Mardi 24 janvier à 20h30 au Casino Municipal

 

 

 

 

 

assise1986.png


« Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix »
25ème ANNIVERSAIRE DE LA RENCONTRE INTERRELIGIEUSE D’ASSISE (1986)



FAIRE MEMOIRE DE LA RENCONTRE D’ASSISE
Les 26 et 27 octobre 2011

 
« Celui qui est en chemin vers Dieu  ne peut pas ne pas transmettre la paix,
celui qui construit la paix ne peut pas ne pas se rapprocher de Dieu
 »
Benoît XVI


Document réalisé sous la responsabilité du Conseil pour les relations interreligieuses,
Conférence des évêques de France, 58 avenue de Breteuil, 75007 Paris.



INTRODUCTION
de Mgr Michel Santier


Le Pape Benoît xvi a annoncé le 1er janvier 2011 qu’il se rendrait en pèlerin à Assise le 27 octobre prochain, à l’occasion du 25e anniversaire de la Journée mondiale pour la paix à l’initiative du Pape Jean-Paul II, le 27 octobre 1986.

Cette journée fut un événement marquant dans l’histoire des relations de l’Église catholique avec les différentes traditions religieuses du monde, sans oublier les autres Églises et communautés ecclésiales chrétiennes. Pour la première fois, toutes les religions du monde se trouvaient en un même lieu pour prier Dieu, chacune à sa manière, pour la paix dans le monde, ensemble devant Dieu et au service de l’humanité. 

Ce que le cardinal Roger Etchegaray, artisan de cette journée a appelé l’Esprit d’Assise a suscité de multiples initiatives depuis 25 ans. Aujourd’hui, le pape Benoît xvi s’inscrit dans l’intuition du bienheureux Jean-Paul II et renouvelle son invitation à des représentants de toutes les religions du monde pour ce pèlerinage à Assise.

Il a explicitement demandé aux catholiques du monde entier de s’unir spirituellement à cette célébration. Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour les relations interreligieuses à Rome, souhaite que les Églises locales prennent des initiatives en relation avec ce qui se vivra à Rome et à Assise.

C’est la raison qui a poussé notre conseil à proposer ce court dossier afin que dans les diocèses, dans les paroisses ou les aumôneries de jeunes, vous proposiez, une rencontre, une veillée de prière, un événement interreligieux, pour que l’Esprit d’Assise soit vivant dans notre pays et communiqué aux plus jeunes générations, nées après 1986.

Les 26 et 27 octobre sont des dates favorables en lien direct avec ce qui se vivra à Rome et à Assise. Mais n’hésitez pas à créer localement des événements dans l’esprit d’Assise au cours des semaines qui précédent ou suivent.

En 2011, tout autant qu’en 1986, notre monde a besoin du témoignage de la prière des croyants et de leur engagement ensemble au service de la justice et de la paix. Puissions-nous, comme catholiques de France, en être humblement mais résolument des acteurs avec tous les hommes et femmes de bonne volonté.

Créteil, le 20 juin 2011

+ Michel Santier,
Président du Conseil pour les relations interreligieuses.

***
Programme de la rencontre d’Assise – 27 octobre 2011


« L'image du pèlerinage résume donc le sens de l'événement qui sera célébré (communiqué de la salle de presse du Vatican - 2 avril 2011) : on fera mémoire des étapes qui ont jalonné le parcours, de la première rencontre d'Assise, à celle de janvier 2002 et, dans le même temps, on regardera vers l'avenir avec l'intention de continuer, avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté, à marcher sur le chemin du dialogue et de la fraternité, dans un monde en mutation rapide. »

- soirée du 26 octobre, veillée de prière présidée par Benoît xvi en la basilique Saint-Pierre.
- matinée du 27 octobre : arrivée à Assise ; les délégations se rendent à la basilique Sainte-Marie des Anges pour « un temps de commémoration des rencontres précédentes et d'approfondissement du thème de la journée ».
- déjeuner frugal et sobre « pour exprimer les retrouvailles fraternelles et en même temps, la participation aux souffrances de tant d'hommes et de femmes qui ne connaissent pas la paix ». Suit un « temps de silence, pour que chacun puisse réfléchir et prier. »
- après-midi du 27 octobre : les participants sont attendus à la basilique Saint-François, et les membres des délégations se joignent à la dernière partie du pèlerinage « pour symboliser le chemin que chaque être humain doit parcourir dans la recherche assidue de la vérité et la construction efficace de la justice et de la paix ». La montée se fera « en silence pour permettre la prière et la méditation personnelle ». A la basilique Saint-François, « où se sont achevés les rassemblements précédents » : renouvellement solennel de l'engagement commun en faveur de la paix. »

Les diocèses du monde, les communautés locales, sont « encouragées à organiser des moments de prière analogues ».
Benoît xvi demande aux catholiques de « s'unir spirituellement à la célébration de cet événement important » et il « remercie ceux qui voudront bien être présents dans la cité de Saint-François, pour partager ce pèlerinage ». (Source : zenit, http://www.zenit.org – 3 avril 2011)

***
Le rassemblement d’Assise
27 Octobre 2011

EXTRAIT DU MESSAGE DU PAPE BENOIT XVI
« Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix »


« Chers frères et sœurs, dans le Message d’aujourd’hui pour la Journée mondiale de la paix, j’ai souligné la manière dont les grandes religions peuvent constituer un facteur important d’unité et de paix pour la famille humaine, et j’ai rappelé à cette occasion, qu’en cette année 2011, l’on fêtera le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix que le vénérable Jean-Paul II convoqua à Assise en 1986. C’est la raison pour laquelle, je me rendrai au mois d’octobre prochain comme pèlerin dans la ville de saint François, en invitant à s’unir à ce chemin nos frères chrétiens des diverses confessions, les autorités des traditions religieuses du monde, et de manière idéale, tous les hommes de bonne volonté, dans le but de rappeler ce geste historique voulu par mon prédécesseur et de renouveler solennellement l’engagement des croyants de chaque religion à vivre leur foi religieuse comme service pour la cause de la paix.

Celui qui est en chemin vers Dieu, ne peut pas ne pas transmettre la paix, celui qui construit la paix ne peut pas ne pas se rapprocher de Dieu. Je vous invite dès à présent à accompagner de vos prières cette initiative. (…) Puisse la Vierge Marie, Mère du Prince de la Paix, aider chaque personne à renouveler son engagement pour construire un monde toujours plus fraternel où tous soient libres de professer leur religion ou leur foi. »

Angélus du 1er janvier 2011, place Saint-Pierre de Rome,
44e journée mondiale de la Paix.



***
27 octobre 1986
 

Extrait du discours d’ouverture de Jean-Paul II
à Assise en octobre 1986

 

« Les Églises, les Communautés ecclésiales et les Religions du monde montrent qu'elles désirent profondément le bien de l'humanité. La paix, là où elle existe, est toujours extrêmement fragile. Elle est menacée de tant de manières et avec des conséquences si imprévisibles que nous devons nous efforcer de lui donner des fondements solides. Sans dénier d'aucune manière la nécessité des nombreux moyens humains qui servent à maintenir et à affermir la paix, nous sommes ici parce que nous sommes sûrs que, au-dessus et au-delà de toutes les mesures de cet ordre, nous avons besoin de la prière — une prière intense, humble et confiante — pour que le monde puisse enfin devenir un lieu de paix vraie et permanente. Cette Journée est, par conséquent, une journée de prière et une journée de ce qui accompagne la prière: le silence, le pèlerinage et le jeûne. En nous abstenant de nourriture, nous aurons mieux conscience du besoin universel de pénitence et de transformation intérieure.

Les Religions sont nombreuses et diverses, et elles reflètent le désir des hommes et des femmes, tout au long des âges, d'entrer en relation avec l'Être Absolu. La prière suppose de notre part la conversion du cœur. Elle signifie un approfondissement de notre sens de la Réalité ultime. C'est là la raison même de notre rassemblement en ce lieu.

Ayant ainsi prié séparément, nous méditerons en silence sur notre propre responsabilité dans le travail pour la paix. Nous manifesterons alors symboliquement notre engagement pour la paix ».

 

***
LE SENS DU RASSEMBLEMENT D’ASSISE INTERPRÉTÉ
PAR JEAN-PAUL II

EXTRAIT DU DISCOURS AUX CARDINAUX ET À LA CURIE ROMAINE LE 22 DÉCEMBRE 1986


1.
En cette Journée …et dans la prière qui en était le motif et l’unique contenu, semblait s’exprimer pour un instant, même de manière visible, l’unité cachée mais radicale que le Verbe divin, « dans lequel tout a été créé et dans lequel tout subsiste » (Col 1, 16; Jn 1, 3), a établie entre les hommes et les femmes de ce monde… Le fait d’être réunis à Assise pour prier, jeûner et cheminer en silence, et cela pour la paix toujours fragile et toujours menacée, peut-être aujourd’hui plus que jamais, a été comme un signe clair de l’unité profonde de ceux qui cherchent dans la religion des valeurs spirituelles et transcendantes en réponse aux grandes interrogations du cœur humain, malgré les divisions concrètes (cf. Nostra ætate, 1).(…).

3. Plus d’une fois, le Concile a mis en relation l’identité même et la mission de l’Église avec l’unité du genre humain, spécialement lorsqu’il a voulu définir l'Église « comme sacrement, c’est-à-dire comme signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen gentium 1, 9; cf. Gaudium et spes, 42). (…)

4. Comme on le lit dans la première Épître à Timothée, Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité. Car Dieu est unique, unique aussi est le médiateur entre Dieu et les hommes » (2, 4-6). Ce mystère éclairant de l’unité du genre humain dans sa création et de l’unité de l'œuvre salvifique du Christ qui porte avec lui la naissance de l'Église, comme ministre et instrument, s’est manifesté clairement à Assise, malgré les différences des professions religieuses, en rien cachées ou atténuées. (…)

5. Les hommes peuvent souvent ne pas être conscients de leur unité radicale d’origine, de destin et d’insertion dans le plan même de Dieu et, lorsqu’ils professent des religions différentes et incompatibles entre elles, ils peuvent même ressentir leurs divisions comme insurmontables. Mais, malgré cela, ils sont inclus dans le grand et unique dessein de Dieu, en Jésus Christ qui « s’est uni d’une certaine manière à tous les hommes » (Gaudium et spes, 22), même si ceux-ci n’en sont pas conscients.

6. Dans ce grand dessein de Dieu sur l’humanité, l'Église trouve son identité et sa tâche de « sacrement universel de salut » en étant précisément « signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen gentium, 1). Cela signifie que l'Église est appelée à travailler de toutes ses forces (l’évangélisation, la prière, le dialogue) pour que disparaissent entre les hommes les fractures et les divisions qui les éloignent de leur principe et fin et qui les rendent hostiles les uns aux autres. Cela signifie aussi que le genre humain tout entier, dans l’infinie complexité de son histoire, avec ses cultures différentes, est « appelé à former le nouveau Peuple de Dieu » (Lumen gentium, 13) (…).

7. C’est précisément la valeur réelle et objective de cette « ordination » à l’unité de l’unique Peuple de Dieu, souvent cachée à nos yeux, qui a pu être reconnue dans la Journée d’Assise, et dans la prière avec les représentants chrétiens, c’est la profonde communion qui existe déjà entre nous dans le Christ et dans l’Esprit, vivante et agissante, même si elle est encore incomplète, qui a eu l’une de ses manifestations particulières. L’événement d’Assise peut ainsi être considéré comme une illustration visible, une leçon de choses, une catéchèse intelligible à tous de ce que présuppose et signifie l’engagement œcuménique et pour le dialogue interreligieux recommandé et promu par le Concile Vatican II. Comme source inspiratrice et comme orientation fondamentale pour un tel engagement, il y a toujours le mystère de l’unité, aussi bien celle qui est déjà atteinte dans le Christ par la foi et le baptême que celle qui s’exprime dans « l’ordination » au Peuple de Dieu et donc encore à atteindre pleinement. (…)

9. En présentant l'Église catholique qui tient par la main ses frères chrétiens et ceux-ci tous ensemble qui donnent la main aux frères des autres religions, la Journée d’Assise a été comme une expression visible de ces affirmations du Concile Vatican II. Avec elle et par elle, nous avons réussi, grâce à Dieu, à mettre en pratique, sans aucune ombre de confusion ni de syncrétisme, cette conviction qui est la nôtre, inculquée par le Concile, sur l’unité de principe et de fin de la famille humaine et sur le sens et la valeur des religions non-chrétiennes.

La Journée ne nous a-t-elle pas enseigné à relire, à notre tour, avec des yeux plus ouverts et plus pénétrants, le riche enseignement conciliaire sur le dessein salvifique de Dieu, le caractère central de ce dessein en Jésus Christ et la profonde unité dont il part et vers laquelle il tend à travers la diaconie de l'Église? L'Église catholique s’est manifestée à ses fils et au monde dans l’exercice de sa fonction de « promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et même entre les peuples » (Nostra ætate, 1).

En ce sens, on doit encore dire que l’identité même de l'Église catholique et la conscience qu’elle a d’elle-même ont été renforcées à Assise. L'Église, en effet, c’est-à-dire nous-mêmes, nous avons mieux compris, à la lumière de l’événement, quel est le vrai sens du mystère d’unité et de réconciliation que le Seigneur nous a confié et qu’il a exercé en premier lorsqu’il a offert sa vie « non seulement pour le peuple mais aussi pour réunir les fils de Dieu qui étaient dispersés » (Jn 11, 52). (…)

11. Là, on a découvert, de manière extraordinaire, la valeur unique qu’a la prière pour la paix et même que l’on ne peut obtenir la paix sans la prière, et la prière de tous, chacun dans sa propre identité et dans la recherche de la vérité. C’est en cela qu’il faut voir, à la suite de ce que nous venons de dire, une autre manifestation admirable de cette unité qui nous lie au-delà des différences et des divisions de toutes sortes. Toute prière authentique se trouve sous l’influence de l’Esprit « qui intercède avec insistance pour nous car nous ne savons que demander pour prier comme il faut », mais Lui prie en nous « avec des gémissements inexprimables et Celui qui scrute les cœurs sait quels sont les désirs de l’Esprit » (Rm 8, 26-27). Nous pouvons en effet retenir que toute prière authentique est suscitée par l’Esprit-Saint qui est mystérieusement présent dans le cœur de tout homme. C’est ce que l’on a également vu à Assise: l’unité qui provient du fait que tout homme et toute femme sont capables de prier, c’est-à-dire de se soumettre totalement à Dieu et de se reconnaître pauvre devant lui. La prière est un des moyens pour réaliser le dessein de Dieu parmi les hommes (cf. Ad gentes, 3). Il a été rendu manifeste de cette manière que le monde ne peut pas donner la paix (cf. Jn 14, 27), mais qu’elle est un don de Dieu et qu’il faut l’obtenir de lui par la prière de tous. (…)                      

[Pour le texte intégral : http://icm.catholique.fr/pages/CdD/CdDs/CdD07/CdD-07.pdf]


***
« Le Décalogue d'Assise pour la Paix »


En 2002, Jean-Paul II renouvela son invitation à Assise et proposa aux responsables présents de signer ce décalogue pour la paix.

1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l’estime mutuels, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d’ethnies, de cultures et de religions différentes.

3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d’une paix authentique.

4. Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

5. Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.

6. Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l’effort commun pour vaincre l’égoïsme et l’abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n’est pas une paix véritable.

7. Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon, nous faisant la voix des sans-voix et œuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

8. Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

9. Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l’amitié entre les peuples, convaincus que, s’il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.

10. Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.



***
Extraits de prières et méditations pour la Paix

– chrétienne, bouddhiste, juive, musulmane, traditionnelle africaine - prononcées à Assise en 1986 et éditées par la commission pontificale ‘Justitia et pax’, 1987 –
sous le titre « Assise, Journée mondiale de prière pour la paix ».
(D’autres – hindouiste, jaïniste, shintoïste, sikh, traditionnelle amérindienne, zoroastrienne – sont publiées dans le même ouvrage)


I. PRIERE DES CHRÉTIENS POUR LA PAIX
(Extrait de la prière litanique dite à Assise en la cathédrale Saint Rufin)


1. Nous prions pour que l'amour du Christ habite en nos cœurs par la puissance de son Esprit-Saint qui purifie et pardonne. Qu'il nous donne de triompher de l'esprit d'égoïsme et de discorde et nous aide à nous sacrifier pour la paix; qu'il crée la paix avec nous-mêmes et avec les autres, de manière que nous devenions des artisans de paix, selon la volonté de Dieu. Pause.

Prions : Seigneur Dieu, que ton Esprit de sainteté et de vie anime les cœurs de tous les hommes, et tout particulièrement les cœurs de ceux qui sont ici présents, afin que les barrières qui nous séparent soient abattues, que les soupçons se dissipent et que cesse la haine; afin que nos divisions soient surmontées et que nous puissions enfin vivre dans la justice et la paix; par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

2. Nous prions pour que chaque Église en particulier et toutes les Églises ensemble s'engagent totalement pour la paix dans le monde, pour la justice et l'intégrité de la création, pour les droits des plus faibles et pour les besoins des chômeurs. Puissions-nous être fermes face à la violence, à la torture, à l'abus de pouvoir et à la course aux armements. Pause.

Prions : Dieu de miséricorde, donne-nous de regarder avec tes yeux compatis­sants la longue épreuve de l'humanité: les guerres, les millions d'affamés, les innombrables réfugiés, les désastres des nations, les morts cruelles et inutiles, notre manque d'humanité les uns à l'égard des autres, les échecs et l'impuissance de tant de vies. Hâte la venue de ce temps où les nations seront en paix et où les peuples vivront à l'abri de la peur et du besoin, où il n'y aura plus ni douleurs ni larmes, dans la certitude de ta volonté et l'assurance de ton amour qui nous ont été manifestées en Jésus-Christ, Sauveur de tous les hommes. Amen.

3. Nous prions pour que nous, chrétiens, soyons plus disponibles à connaître, à apprécier les valeurs des autres religions, à collaborer avec elles et avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté; afin que toutes les nations et tous les groupes humains se comprennent et travaillent ensemble. Pause.

Prions : Seigneur tout-puissant, de qui procède tout bien, imprime en nos cœurs l'amour de ton nom; augmente en nous la vraie foi; nourris-nous de toute bonté et fais mûrir en nous le fruit des bonnes œuvres, par Jésus-Christ Notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

4. Nous prions pour l'unité des chrétiens selon la volonté du Christ; que les divisions et les rivalités entre nous disparaissent, de manière que vivant dans la communion, nous soyons partout un signe de l'unité voulue par Dieu pour la famille, humaine, et que nous nous engagions plus efficacement pour la paix et le bien intégral de l'humanité. Pause.

Prions : Dieu notre Père, bonté qui surpasse toute bonté, beauté qui surpasse toute beauté, en toi sont la paix, la tranquillité et l'harmonie. Récon­cilie tes serviteurs divisés entre eux, accorde-nous ton Esprit d'unité et fais que nous soyons un. Puissions-nous devenir un dans le baiser de la charité et le lien de l'affection; un entre nous et avec les autres; un dans la paix qui vient de toi et donne harmonie à toutes choses; un dans la grâce, la miséricorde et la tendresse de ton Fils bien-aimé, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

5. Nous prions pour les peuples d'Asie, pour l'Afrique, pour les nations et les peuples de l'Amérique latine, pour l'Europe, pour les peuples du continent nord-américain et pour les peuples d'Océanie afin qu'ils recherchent, dans un esprit de paix et de joie, un avenir et une justice pour tous. Pause.

Prions : Dieu tout-puissant, en nous confiant la maîtrise de la terre, tu as fait de nous les collaborateurs de ta création. Donne-nous sagesse et respect, afin d'utiliser les ressources de la nature de telle manière que nul ne souffre de nos abus, et que les générations à venir te louent pour ta bonté. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

6. Nous prions pour que tous les hommes et toutes les femmes répudient fermement la violence comme solution aux problèmes personnels, collectifs, communautaires ou internationaux et pour que les dirigeants et les gouvernements écartent tout risque de conflit nucléaire en recherchant au contraire la compréhension entre les hommes, la tolérance, le respect mutuel et la réconciliation. Pause.

Prions : Dieu éternel, dans ton Royaume parfait nulle épée n'est tirée si ce n'est l'épée de justice, nulle force ne s'exerce si ce n'est la force de l'amour: envoie ton Esprit avec puissance afin que tous les peuples se rangent sous la bannière du Prince de la paix, comme les enfants d'un même Père; à lui la puissance et la gloire, maintenant et à jamais. Amen.

7. Nous prions pour que tous nos frères humains et nous-mêmes puissions grandir dans le respect de la dignité de l'homme et de ses droits inaliénables; puissions-nous user de notre liberté dans le souci scrupuleux de ne pas enfreindre les droits des autres, en tenant compte de leurs besoins concrets et en faisant face aux conflits dans un esprit de respect et de compréhension. Pause.

Prions : Dieu tout-puissant, tu nous as liés ensemble dans une vie commune. Aide-nous, au cœur de nos luttes pour la justice et la vérité, à ne pas nous affronter dans la haine ou l'amertume, mais au contraire à tra­vailler ensemble dans la tolérance et le respect; par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

8. Nous prions pour l'Organisation des Nations Unies et les autres instances internationales qui sont au service de la paix et de la com­préhension entre les hommes, afin qu'elles contribuent avec vigueur à régler les différends dans un esprit d'honnêteté, dans le respect des droits des personnes et sans recourir à la violence; nous prions pour les hommes politiques qui négocient la paix, afin qu'ils apprennent à se faire mutuellement confiance et que les accords qu'ils signent soient respectés. Nous prions pour les superpuissances afin qu'elles prennent conscience de la valeur et de la responsabilité de chaque nation dans la famille des nations et qu'elles se détournent des voies qui mènent à la guerre. Pause.

Prions : Seigneur, aide de ta sagesse les dirigeants des pays du monde entier et les artisans de la compréhension entre les nations afin que, par son secours, ils fassent advenir sur la terre une paix durable, le progrès social et la liberté religieuse; par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

9. En tant que chrétiens, nous nous repentons des fautes que nous avons commises contre la paix, qui ont blessé les autres et provoqué la discorde. Nous demandons à Dieu pardon pour l'orgueil, la jalousie, l'ambition et la convoitise qui nous ont parfois conduits à être infidèles à notre mission d'artisans de paix. En signe de pénitence, nous faisons à nouveau l'offrande de nous-mêmes, afin de promouvoir le plan divin d'amour, de réconciliation, de paix et de communion pour toute la famille humaine. Pause.

Prions : Seigneur Jésus-Christ, tu as étendu tes bras sur le bois rugueux de la croix, afin que tous les hommes puissent y trouver le salut; revêts-nous de ton Esprit afin que, tendant des mains pleines d'amour, nous te fassions connaître et aimer de ceux qui ne te connaissent pas encore; pour l'honneur de ton Nom très saint. Amen.

10. Nous prions Jésus-Christ Notre Seigneur de nous rendre plus fidèles, par son Esprit-Saint, à son appel, afin de mieux discerner la manière dont nous pouvons agir en faveur de la paix, partout où nous sommes et, parmi ceux dont nous sommes responsables, de promouvoir la réconciliation, la justice, la vérité et le respect mutuel, de manière que la famille humaine soit libérée des menaces de guerre et de destruction qui nous paralysent et que nous fassions le chemin de la vie, d'un même cœur et pleins d'espérance. Pause.

Prions : Père du ciel, dans ta Parole tu nous as donné la vision de cette Cité sainte à laquelle les nations du monde apportent leur gloire; regarde et visite, nous t'en prions, les cités de la terre. Renouvelle les liens de mutuel respect qui tissent notre vie civique. Donne-nous des diri­geants honnêtes et capables. Apprends-nous à éliminer la pauvreté, les préjugés et l'oppression, afin que la paix l'emporte avec la droiture, la justice avec l'ordre, afin que les hommes et les femmes de différentes cultures et de talents variés trouvent les uns avec les autres la pleine réalisation de leur humanité; par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.


II. MEDITATION BOUDDHISTE POUR LA PAIX

Extraits d'un chapitre de Marcher dans les voies du Bodhisattva, ouvrage d'un saint et savant bouddhiste du VIIIe siècle, Shantideva.

Par la vertu de cet effort pour entrer dans les voies qui conduisent à l'illumination, puissent tous les êtres vivants s'engager en de telles conduites.

Puissent tous les êtres en tous lieux en proie à la souffrance de corps et d'esprit obtenir un océan de bonheur et de joie Par la vertu de mes mérites.

Aussi longtemps qu'ils resteront dans le cycle de l'existence, que leur bonheur (en ce monde) jamais ne décline. Et que tous reçoivent sans cesse des vagues de joie venant du Bodhisattva.

Que ceux qui sont affaiblis par le froid trouvent la chaleur, et ceux qui sont écrasés de chaleur, la fraîcheur auprès des eaux sans rivage qui se déversent des grands nuages (des mérites) du Bodhisattva.

Que tous les animaux soient délivrés de la peur d'être mangés les uns par les autres;

Que les fantômes affamés soient aussi heureux que les hommes du continent septentrional.

Que les aveugles voient des formes, que les sourds entendent des sons, et comme il en fut pour Mayadevi, que les femmes enceintes enfantent sans douleur.

Que les nus trouvent vêtement, les affamés, nourriture ; les délaissés, nouvel espoir, bonheur et prospé-rité à jamais.


III. PRIERE MUSULMANE POUR LA PAIX

La prière musulmane est tirée du saint Coran.
La première partie est la Fatiha, le chapitre qui ouvre le Coran. 

La Fatiha

Au nom de Dieu, le clément et le miséricordieux !

Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, le Clément, le Miséricordieux.

Maître du jour de la Rétribution.

C'est Toi que nous adorons, et de Toi que nous implorons secours.

Guide-nous dans le chemin droit, le chemin de ceux que tu as comblés de bienfaits,

non pas de ceux qui ont encouru Ta colère,

ni de ceux qui s'égarent.

Quelques versets du Coran:

  • Vous qui, croyez ! Soyez lucides lorsque vous vous engagez dans le chemin de Dieu ; ne dites pas à celui qui vous offre la paix : « Tu n'es pas croyant ! » Vous rechercheriez ainsi les biens de la vie de ce monde ; mais le butin est abondant auprès de Dieu ! Vous vous comportiez ainsi autrefois : Dieu vous a accordé sa grâce ; Soyez lucides ! Dieu est bien informé de ce que vous faites ! (Sourate IV, v. 94)
  • S'ils inclinent à la paix, (tes ennemis) fais de même ; confie-toi à Dieu car il est celui qui entend et qui sait. (Sourate VIII, v. 61)
  • Voici quels sont les serviteurs du Miséricordieux: ceux qui marchent humblement sur la terre et qui disent «Paix! » (Sourate XXV, v. 63)
  • Vous, les hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus pour que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d'entre vous. Dieu est celui qui sait et qui est bien informé. (Sourate XLIX, v. 13)


IV. PRIERE JUIVE POUR LA PAIX

Notre Dieu qui est aux cieux, le Seigneur de la paix, aura compassion et pitié de nous et de tous les peuples de la terre qui implorent sa pitié et sa compassion, en demandant la paix, en recherchant la paix. Notre Dieu qui es aux cieux, donne-nous la force d'agir, de travailler et de vivre jusqu'à ce que l'esprit d'en haut se manifeste sur nous, et que le désert devienne une vigne, et que la vigne apparaisse comme une forêt.

La justice aura une maison dans le désert et la charité une demeure dans la vigne. L'œuvre de justice produira la paix, et l'œuvre de justice donnera à jamais tranquillité et sécurité. Et mon peuple sera entouré de paix, dans des demeures sûres, et à l'abri dans des lieux de repos. O Seigneur notre Dieu et Dieu de nos pères, accomplis pour nous et pour le monde entier la promesse que tu as faite au prophète Michée: « Il arrivera à la fin des temps que la montagne de la maison du Seigneur sera affermie sur la cime des montagnes et se dressera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront. Et nombre de peuples iront en disant: «Or ça, gravissons la montagne de l'Éternel pour gagner la maison du Dieu de Jacob, afin qu'il nous enseigne ses voies et que nous puissions suivre ses sentiers, car c'est de Sion que sort la doctrine et de Jérusalem la parole du Seigneur». Il sera un arbitre parmi les nations et le précepteur de peuples puissants s'éten­dant au loin: ceux-ci alors de leur glaives forgeront des socs de charrue et de leurs lances des serpettes; un peuple ne tirera plus l'épée contre un autre peuple, et l'on n'apprendra plus l'art de la guerre. Et chacun demeurera sous sa vigne et sous son figuier, sans que personne vienne l'inquiéter, car c'est la bouche de l'Eternel-Cebaot qui le déclare » (Mi 4, 1-4).

Ô Seigneur qui es aux cieux, accorde la paix à la terre, donne le bien-être au monde, établis la tranquillité dans nos demeures. Et disons: Amen !

V. PRIÈRE DES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES  POUR LA PAIX

Dieu tout-puissant,

Au Grand-Pouce

sans lequel nous ne pouvons faire le moindre nœud;

Au tonnerre rugissant qui brise les arbres immenses;

Au Seigneur qui, de là-haut, voit tout, et même les traces d'une antilope sur un rocher, ici sur terre;

Tu es celui qui n'hésite pas à répondre à notre appel;

Tu es la pierre d'angle de la paix.

Aujourd'hui, nous t'appelons pour une grande cause. Notre monde est privé de paix. Nous sommes sans cesse entourés de guerres et d'affrontements. Nous avons besoin de paix. C'est cette raison qui a poussé le Saint-Père à inviter toutes les religions du monde à se rassembler et à prier pour la paix.

Nous prions donc pour la paix du monde. Que la paix règne au Vatican. Que la paix règne en Afrique. Accorde la paix aux individus, aux foyers et aux familles, étends-la aux quatre coins du monde.

Nous t'en prions, donne longue vie, sagesse, paix, prudence et courage à S. S. le Pape et à ses conseillers. Répands sur eux tes bénédictions.

Maudits soient tous les méchants qui mettent obstacle à ce louable effort vers la paix.

Que tes bénédictions soient abondantes sur tous ceux qui soutiennent la paix et luttent pour elle.

Enfin, nous te prions en quelques mots seulement. Tu nous as protégés et conduits ici en sécurité. Ramène-nous sains et saufs à la maison. Que tous les ancêtres et esprits mauvais reçoivent leur boisson et s'enfuient vers leur jugement.

Mais vous, bons esprits et bons ancêtres que nous avons appelés,

recevez nos boissons,

répandez sur nous vos bénédictions en abondance et

accordez-nous la Paix.


Fiche (n°9) tirée d’un ensemble de dix fiches élaborées
par le Conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des Evêques de France.

 

***
Pour aider au discernement au sujet des demandes d'un temps de rencontre inter-religieux

 

I Le cadre actuel
On observe une multiplicité de demandes de célébrations interreligieuses :

-          En temps de crises ou d'événements exceptionnels: guerres, catastrophes, deuils collectifs… Ce besoin d' « être ensemble pour prier » peut jaillir d'une volonté de créer une atmosphère fraternelle, purifiée de toute crainte, notamment celle du syncrétisme ou de la récupération.

-           D'autres occasions peuvent surgir et devenir plus habituelles (fêtes nationales par exemple).

Le paragraphe II traite des demandes de célébration à caractère officiel ou exceptionnel. Les paragraphes III et IV abordent les situations plus habituelles.

II Les réponses à des demandes officielles
Les réponses de notre part supposent chaque fois une analyse précise des motivations avancées et des objectifs à atteindre :

1.    La demande vient des autorités publiques (commune, ville, gouvernement, entreprise)
L'« interreligieux » apporte, en ce cas, un regain de la visibilité des religions dans la sphère publique, ce qui n'est pas négligeable. Mais en même temps il comporte le risque de superficialité, voire même d'être « trompeur » dans un contexte très profane, voire politique. En ce cas, il sera très important que l'entente entre les religions appelées à participer permette de prendre en main l'organisation et le déroulement, et d'éviter le risque de discours juxtaposés ou contradictoires.

2.    L'invitation vient de l'Église catholique, invitante et organisatrice
Appel est fait à quelques représentants des autres confessions chrétiennes ou religions Une vraie préparation commune et une égalité de temps d'intervention sont alors nécessaires.

3.    L'initiative vient de la volonté commune des croyants de diverses religions
La prière est ici un lieu de rencontre entre croyants où « la recherche de l'Absolu peut ainsi être fécondée et enrichie des richesses spirituelles des autres »[1]. Cela met en cause le style même de la célébration et la délicate question d'une « prière commune » alors qu'il s'agit essentiellement « d'être ensemble pour prier et non de prier ensemble ».

4.    Prévenir les autorités ecclésiales
Selon le caractère privé ou public de la célébration, il importe de tenir au courant les autorités religieuses ou leurs délégués (pour les catholiques, l’évêque ou son délégué).

III Être ensemble pour prier : différentes situations
Il est important d'abord de conserver la distinction fondamentale entre une prière œcuménique et une célébration religieuse avec juifs, musulmans, bouddhistes, etc.

« On peut distinguer ensuite la prière multi-religieuse et la prière interreligieuse unie ou intégratrice. La première serait le type de célébration d’Assise où des représentants des différentes communautés de foi ont été invités à prier, chacun à son tour, pendant que les autres écoutaient et s'unissaient de cœur. Être ensemble pour prier. La seconde serait un déroulement de la prière où tous ensemble seraient invités à participer activement par des prières communes. Prier ensemble »[2].

Cette deuxième situation pose beaucoup de questions : en effet, il n'est pas recommandé de pousser l'assistance à réciter une prière qui ne serait pas acceptée très clairement par tous les groupes représentés (par ex: le Notre Père). Si on choisit de lire ou de chanter tous ensemble un texte, c'est qu'il aura été bien prévu et accepté par tous les responsables. Il est possible de trouver quelques textes choisis en commun (par exemple, la prière attribuée à saint François) mais cette unité est obtenue aux dépens des richesses de la diversité.

Chaque religion a son style de prière et ses formules rituelles en lien avec sa propre réflexion religieuse et sa tradition. Tout syncrétisme est à éviter soigneusement : mieux vaut être trop prudent que pas assez.

Certains sont tentés de « ratisser » large en proposant aux agnostiques et aux athées qui se sentent une fibre spiritualiste de participer à une telle célébration, mais ce peut être au détriment d'une volonté commune de réaliser une célébration religieuse.

Dans ce type de célébration interreligieuse préparée ensemble, ne serait-il pas bon que la prière chrétienne puisse être assumée dans l'unité et n'apparaisse pas comme un témoignage de division ? On peut aussi envisager que l'une des confessions chrétiennes prie au nom de l'ensemble des chrétiens présents.

IV
Quelques remarques à propos de la mise en œuvre
1.         La préparation en commun

Elle permet de fixer le but recherché et sa mise en œuvre, d'apprécier le degré de représentativité des intervenants et leur participation, les invitations à faire en commun.

2.         Le lieu n'est pas indifférent

S'il s'agit d'utiliser un lieu religieux (église, synagogue, mosquée, pagode…), il faut bien vérifier si chaque religion représentée se sent à l'aise par ce choix. S'il s'agit d'un lieu neutre (salle municipale ou parvis d'une église), il est important que la disposition des participants crée un climat de recueillement et de communion.

3.         Le choix des textes est important même si chaque communauté est libre de ses initiatives : certains peuvent heurter la sensibilité des autres.

4.         On n'oubliera pas non plus que des temps de musique ou de silence peuvent permettre la création d'une certaine intériorité

5.         Des gestes symboliques peuvent permettre une communion plus grande entre les participants. Un tel rite se construit avec les contraintes du contexte de la célébration et du patrimoine propre à chaque religion participante : c'est pourquoi il est souvent difficile à trouver. Plus la rencontre est large, plus on a intérêt à opter pour des gestes larges, à portée symbolique universelle : lumières ou cierges, encens jeté sur un brasier, eau, rameau à la main, signature d'un registre…

S'il s'agit de rencontres plus restreintes, un échange de fruits et du pain partagé peuvent favoriser la rencontre et la communion.

De toute manière, le rite doit apparaître comme le sommet de la célébration et être expliqué.

6.         En plus de ces célébrations interreligieuses, d'autres formes de rencontre commune peuvent exprimer une recherche de valeurs spirituelles et transcendantes. Par exemple : jeûner en commun, cheminer en silence…

Il conviendra de bien voir encore les possibilités de déboucher sur une action commune en relation avec la justice et la paix.

7.         Il est important de bien distinguer les célébrations liturgiques destinées aux chrétiens et les temps interreligieux de prière, méditation, silence, destinés à tous les croyants.

8.         Toute rencontre interreligieuse doit être vécue dans un esprit d'humilité et de respect mutuel. Humilité devant les difficultés rencontrées et les échecs, respect devant le mystère de l'autre et le mystère de Dieu qui s'y dévoile.

« Le fait d'être réunis à Assise pour prier, jeûner et cheminer en silence, et cela pour la paix toujours fragile et toujours menacée, peut-être aujourd'hui plus que jamais, a été comme un signe clair de l'unité profonde de ceux qui cherchent dans la religion des valeurs spirituelles et transcendantes en réponse aux grandes interrogations du cœur humain, malgré les divisions concrètes » (Jean‑Paul II, aux cardinaux de la Curie romaine, le 22 déc. 1986).


Renseignements : Tél. : 01 72 36 68 52/53 - fax : 01 73 72 96 01 -
http://www.eglise.catholique.fr  - e-mail : documents.episcopat@cef.fr  
(Pour vous les procurer : Le Carmel/Documents Épiscopat – 10 allée du Carmel – 40500 St Sever s/ Adour)


***
Propositions et outils pour faire mémoire de 
la rencontre d’Assise


Propositions

Des temps

  • Une prière silencieuse
    • Une marche vers un lieu symbolique ou en faisant halte dans différents lieux de culte (en passant par la mosquée, la synagogue, l’église, le temple, accueillis par la communauté locale)
    • Un concert ou récital avec des participants de plusieurs traditions religieuses
    • Une lecture de textes de diverses traditions religieuses
    • Une veillée de prière en paroisse
    • Se joindre aux pèlerins à Rome et à Assise

Des gestes

  • Un temps de jeûne
  • Planter un olivier
  • Lâcher des colombes ou des ballons avec un message
  • Écrire et offrir des cartes à des croyants d’autres religions
  • Les représentants des traditions religieuses signent ensemble le décalogue pour la paix.


Outils

  • Livres ou documents :

- Pierre Cuperly, Fêtes et prières des grandes religions, Ed. de l’Atelier, 2004

- Dennis Gira, Au-delà de la tolérance : la rencontre des religions, Bayard, 2001

- Geneviève Comeau, Le dialogue interreligieux, Ed. Fidélité, 2008

- François Bousquet (dir.), Le dialogue interreligieux, DDB, 2009

- L’esprit d’Assise, Chemin de Dialogue n°7, 1996, ISTR de Marseille,

- Pratique du dialogue interreligieux -Documents épiscopat n° 2 / 2011 - Dix fiches pédagogiques proposent des réponses concrètes aux besoins des acteurs pastoraux concernant la pratique du dialogue interreligieux

- Le dialogue interreligieux. Fondements et objectifs - Documents épiscopat n°4 / 2009 – Ce document veut éclairer les catholiques sur les raisons profondes et évangéliques de l'engagement de l'Église dans le dialogue avec les croyants des autres traditions religieuses.

  • DVD :

Assise - 27 octobre 1986, Une Journée de prière pour la paix – DVD – Viloin, Marie, Le Jour du Seigneur Edition, Paris - Parution : mai 2009 - 9,99€
Ce film revient sur l'annonce, la préparation et le déroulement de cette rencontre. Avec les témoignages de ceux qui ont participé à cet événement, il tente un bilan de cette journée qui a changé les relations et le dialogue interreligieux.



Sites internet :

Site de la conférence des Évêques de France :
http://www.eglise.catholique.fr

Site du SRI (CEF) :
http://www.relations-catholiques-musulmans.cef.fr

Site des relations avec le Judaïsme (CEF) :
http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/organisation/services-nationaux/relations-avec-le-judaisme/service-national-pour-les-relations-avec-le-judaisme.html

Site franciscain consacré à la rencontre d’Assise en 2011 :
http://www.anniversaireassise25.fr/ [Le site est sous la responsabilité du Service de Communication Franciscaine (SCF), 27 rue Sarrette 75014 Paris.


Sont partenaires d’Assise 25 : Religions pour la Paix, le groupe d’Amitié islamo Chrétienne(GAIC), le Mouvement international de réconciliation (MIR), la Fontaine aux religions, Coexister, la Coordination Interreligieuse du Grand Paris (CINPA), sant’ Egidio, le Service pour les relations avec l’islam (SRI).]

 


[1]           Chrétiens et musulmans, Vivre ensemble… et prier ?, Document du SRI, 2005.

[2]          Mgr L. FITZGERALD, Conférence nationale des prêtres, Digby Stuart, Rochampton, 8 sept. 2004.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 23:10

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LE GROUPE DES AMITIES INTERRELIGIEUSES  DE THIONVILLE

(Juifs, musulmans, catholiques, protestants)

 

organise 3 conférences  sur les thèmes suivants :

- Naissance et initiation à la vie, Mercredi 23 Novembre 2011,

- Mariage, Jeudi 27 février  2012

- Funérailles, Mercredi 30 mai 2012


Elles auront lieu à 20 H00, salle Albert Schweitzer, à côté du temple.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 11:57

Yom Kippour 2011- Ce soir...

Dix jours après Rosh Hashanah, le nouvel an juif, est célébré Yom Kippour, le Grand Pardon : le jeûne marque cette journée de prière et de repentir.

Le dixième jour du mois de Tishri du calendrier hébraïque est célébré Yom Kippour : dix jours après Rosh Hashanah, soit les 7 et 8 octobre en 2011.

Le début de l’année juive ou Rosh Hashanah (28 septembre au soir) marque l’entrée dans un cycle de dix jours appelé « Techouva ». Durant cette période, les fidèles sont invités à réparer les fautes commises envers Dieu et envers leurs prochains.

Yom Kippour, dont le nom biblique est yom ha-kipourim, est un jour de jeûne chômé, qui commence en 2011 avant le coucher de soleil le 7 octobre donc ce soir, et se termine le lendemain 8 octobre, après le coucher du soleil, à l'instar de la célébration du Shabbat chaque semaine, du vendredi soir au samedi soir.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 19:27

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RENCONTRE DES FEMMES A LA MOSQUEE DE THIONVILLE

2 OCTOBRE 2011

 

A l’invitation des musulmanes, les femmes des différentes confessions de Thionville se sont retrouvées à la mosquée.

 

L’objet de cette première rencontre était de faire connaissance, afin de poser les bases d’une collaboration à plus long terme.

 

Les femmes musulmanes ont tout d’abord tenu à témoigner de ce que le respect et la tolérance, en particulier vis-à-vis des autres religions, sont des valeurs essentielles de l’islam.

 

Le déroulement de l’après-midi a compris une visite de l’intérieur de la Mosquée, où nous ont  été rappelés les fondamentaux et les piliers de l’islam (prière, aumône, ramadan, pèlerinage à Mecque, profession de foi).

 

Hommes et femmes prient simultanément mais séparément, dans des salles différentes, en signe de respect pour la femme.

 

Puis tout le monde s’est regroupé autour d’une table bien garnie avec des pâtisseries maison et un thé délicieux. L’occasion de converser sur les rites et traditions propres aux différentes confessions, et de raconter quelques anecdotes de collaborations entre chrétiens, juifs et musulmans (par exemple dans le cadre du jumelage entre Thionville et Gao, au Mali).

 

Le premier contact ayant été chaleureux, de prochaines rencontres sont envisagées, pour débattre ou s’adonner à des activités manuelles.

 

La date du 23 novembre, 20 h, salle Albert Schweitzer, a déjà été retenue pour échanger sur la naissance et l’initiation à la vie. Les hommes seront également les bienvenus à cette occasion.

Une rencontre réservée aux femmes se déroulera ultérieurement (date à déterminer) autour du thème de la transmission.

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 17:52

Nous souhaitons de bonnes fêtes de Rosh Hashana  aux Juifs.

Du mercredi 28 septembre au soir au vendredi 30 septembre 2011. Début de l'année juive ; jour du jugement de la Création et du couronnement de Dieu comme Roi de l'Univers ; début de la période des "Dix jours de Téchouva" qui se termine le jour de Kippour.

Ils passent à l’An 5772.

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 18:42
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CHangement de date
La rencontre avec les femmes MUSULMANES A  la mosquee
prevue ce dimanche 11 septembre
aura lieu dimanche 2 OCtobre à 14H00.
 
Le groupe des 
AMITIES INTERRELIGIEUSES DE THIONVILLE

Invite les femmes des différentes religions à  participer

à cette rencontre à la

la Mosquée
13, Rue Sainte-Barbe, secteur de  l’hôpital  Bel Air.

 

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 20:52

482060-590440.jpg«LEs AMITIES Interreligieuses»

Après avoir visité la Mosquée,  la Synagogue et le Temple protestant de Thionville, ce dimanche 29 mai 2011 à 14h30 le groupe des «Amitiés Interreligieuses» achève la visite  des lieux de cultes par la visite de l’église Notre Dame de l’Assomption, 37 avenue de Guise. Vous pourrez revoir ou découvrir l'exposition de Bruno COLLIN:

«Des hommes, des religions. Rencontre spirituelle».

Nous nous retrouverons ensuite à la salle Saint François pour partager le verre de l’amitié et des gâteaux.P1080059.JPGP1080359.JPG  2011-04-03-111.jpg

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 13:20

Tribune de la conférence des responsables de culte en France   30 Mars 2011

« La Conférence des responsables de culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l’islam et du judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

 

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la “laïcité à la française” et ses évolutions depuis plus d’un siècle ont permis.

 

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d’un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et de celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d’opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

 

L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l’essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations, voire des améliorations du cadre juridique et réglementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

 

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années ? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon qui ont donné lieu à un rapport sur “Les relations des cultes avec les pouvoirs publics” remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France, dont celui du “support institutionnel” de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du “Groupe juridique inter-cultes” qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du rapport Machelon au sein du ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au “support institutionnel de l’exercice du culte en France”. Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

 

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont “en responsabilité” consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence. La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société. »

 

Cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, avec Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des évêques de France

Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, avec le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France

Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

Grand rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, avec le rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand rabbin de France

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, avecAnouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman

Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France

 

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