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Saint Pierre et Saint Paul

Curé : Jean GANTZER

 

Paroisses de St Maximin, St Pierre, St Urbain et Beauregard

Secrétariat : Presbytère Saint Maximin

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Blog : http://stpierrestpaul.over-blog.com

 

Communauté du Bon Pasteur

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Paroisses de Veymerange, Volkrange, et Terville

Secrétariat : Presbytère de Veymerange

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Blog : http://bonpasteur.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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Historique MANOM.

 

Deux documents :

1 ) Contribution à l’histoire de l’église de MANOM

    2 ) Un ancien et vénérable lieu de pèlerinage marial

De Nicolas PFEIFFER

 

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1 ) Contribution à l’histoire de l’église de Manom

 

1341    Le premier curé appelé « Erzpriester » (Archiprêtre) cité dans les Archives gouvernementales du Luxembourg

1386    Acte dressé à Thionville par le Seigneur Waleran de la Grange : population 10 foyers X 5 personnes = 50 personnes

1501    Le testament du Seigneur Louis de CHINERY, daté du 22 juillet, prévoit sa sépulture à l’église paroissiale de THIONVILLE et un don de 6 florins à l’église de Manom.

1503    Le testament du Seigneur Godart de BRANDEBOURG, en date du 1er septembre, prévoit sa sépulture dans l’église paroissiale de « MUNSHAUSEN »,  restaurée par son père.

1500    Aux archives gouvernementales à Luxembourg

on apprend que MOENHEM compte 18 foyers à 5 personnes environ soit 90 habitants

 

1624    Pierre-Ernest de BRANDEBOURG  est mis dans le caveau situé sous le chœur

1636    Florent d’Argenteau, Seigneur de la Grange, est mis dans le caveau situé sous le chœur

1698    Christophe d’Argenteau, Seigneur de la Grange, est mis dans le caveau situé sous le chœur

1725    François Brice GOME des HAZARS, Seigneur de la Grange, est mis dans le caveau situé sous le chœur

1752    Agrandissement de l’église (cette date est forgée dans la « grille de communions » , c’est le curé Jean Evrard KLEINER qui nota cela dans une chronique brûlée par ………..

la « petite » église va être munie d’un clocher.

Pour assurer ces travaux, des quêtes sont faites à partir de 1750, au village et dans les alentours- mais il manque 1/3 du coût, le nouveau maître de la Grange, René François de FOUQUET offre ce 1/3 manquant.

Quels travaux ont été faits ? Aucune précision n’est fournie dans la chronique.

Pour récompenser des familles généreuses, les « vieilles »  statues sont offertes.

On achète 2 cloches à Metz et pour la petite, on cède la « vieille » cloche - mais où était-elle suspendue, s’il n’y avait pas de Clocher ?

 

1838    le 21 juillet, la mairie demande « de gros corps d’arbres » pour un nouveau beffroi

1839    le 10 mars : un devis pour l’agrandissement de l’église est refusé

le 16 juin : les bancs sont insuffisants et trop courts, par suite de l’agrandissement

le 5 août : on réceptionne les travaux d’agrandissement de l’église pour un montant de 3100 fr. à l’entreprise SCHWARTZ

1840    le 18 janvier : un devis pour les nouveaux bancs : 1304,44 fr.

1841    le 9 avril : réception des bancs, de la grille, de la porte

1843    le 27 avril : le caveau est fouillé, on constate les cercueils brisée lors de la « première révolution » et de l’agrandissement de l’église

le 19 juillet : de nouveaux sarcophages sont mis dans le caveau, le lendemain : office solennel de restauration du caveau

le  20 juillet : refonte de la PETITE CLOCHE  de  297 Kg à Metz. Cette Cloche, fêlée en déc. 1842, ne pouvait plus sonner les offices – or, des gens habitués au son de 2 cloches et n’ayant pas entendu le dernier des trois coups sonnés avant l’office venaient trop tard au service. Cette refonte a été payée par la commune et la paroisse.

14 août, veille de la fête de l’assomption, Patronne de la paroisse, bénédiction de la nouvelle cloche sous le vocable de « St Nicolas »

1845    le 12 octobre : le Conseil de Fabrique verse à J-Bapt. KAUFFMAN, maitre-maçon, 477,50 fr. pour réparation à la voûte du choeur et de l’avant-chœur

Le chanoine J-Ch. KOHN, dans son histoire de la Seigneurie de la Grange T2 p 248, affirme que le caveau a été fermé du côté du chœur ; une ouverture extérieure a été pratiquée, mais masquée par une chapelle gothique ! Mais où est donc cette ouverture ? Dans le chevet muré ? Peut-être !!

 

 

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2 ) MANOM : Un ancien et vénérable lieu de pèlerinage marial

De Nicolas PFEIFFER

Traduction de Danielle et Camille MEYER

 

 

Manom en l’an 1643

 

Le village de Manom appelé autrefois « Monhaven » esquisse en 1643 ses grandes lignes actuelles.

L’église du village, abstraction faite des constructions des extensions ultérieures, est restée inchangée jusqu’à nos jours et constitue encore comme le point culminant à l’est de la localité s’étendant d’est en ouest. En l’an 1643 la localité comptait 52 feux, non compris l’église, un ermitage et des logements pour militaires.

L’ermitage se situait dans le triangle formé aujourd’hui par la grand-rue, la rue des Tilleuls et la rue des jardins, là où les jardins des frères Bach sont contigus avec ceux des Welfringer et Herrmann.

On dit que l’ermite a vu le jour en Lorraine, à Haute Contz, qu’il a été soldat, a séjourné en Terre Sainte jusqu’au jour où la Moselle natale l’a repris sous son charme.

Suivant un appel intérieur, il se serait voué dans le dit ermitage à une vie exemplaire et agréable à Dieu. Il s’appelait, semble-t-il, Maisre. A Monhaven il exerçait la fonction de sonneur de cloches, se consacrait au soin des malades pour l’amour de Dieu. Il était fossoyeur et s’y connaissait aussi dans le traitement du bétail malade. En hiver il apprenait aux enfants à lire, à écrire et à compter et leur enseignait le catéchisme. Il était le bras droit du curé en tant que sacristain, entretenait son jardin et son étable. Cet ermite était apparemment un homme d’une force herculéenne. En hiver, il aurait dit-on étranglé un loup poussé au village par la faim, sous les yeux terrifiés des écoliers. Il attrapa de ses deux mains l’animal à la gorge alors que ce dernier s’apprêtait à sauter le mur de la cour de l’école où venaient juste de se ranger les enfants pour la classe.

 

 

Le siège de Thionville.

 

En juin 1643, après la victoire de Rocroy, le jeune duc d’Enghien, futur Grand Condé, progressait avec une armée considérable contre la forteresse de Thionville, afin de la reconquérir à la Maison royale de France. Réparti en deux colonnes l’attaquant concentrait ses forces  en venant du Nord. L’armée française  comptait environ 50 000 hommes.

Soudain apparut l’ermite qui en faisait partie. Avant que l’armée ait pris position autour de Thionville pour l’assiéger, il avait servi dans la cavalerie étrangère de cette armée.

Engagé comme adjudant au régiment « de Vanberg » il fixa son poste à Guentrange. Cela ne l’empêchait pas de veiller à l’occasion au bon ordre dans son ermitage de Monhaven.

 

Vaincue par le duc d’Enghien, la place forte de Thionville se rendit le 10 août 1643. Quant à l’ermite, il était alité, gravement malade à l’hôpital. Son état faisait hocher désespérément la tête au chirurgien de campagne à chaque visite au malade. Lors d’une sortie de reconnaissance à la tête de son groupe de cavaliers, il se trouva nez à nez avec l’adversaire. C’était d’anciens soldats impériaux qui s’étaient mutinés. Au cours de l’échauffourée, il fut atteint. Une balle de pistolet le jeta à l’arrière de sa selle. Emmêlé bottes et éperons dans l’étrier il fut traîné sur le terrain par son cheval au galop. Une balle à mousquet d’un soldat assiégeant abattit la bête. On amena l’homme traîné à mort sur une civière faite de branchages jusqu’au chirurgien de campagne. Mais son heure n’avait pas encore sonné.

 

La durée du siège ne s’était pas écoulée dans la localité de Monhaven sans laisser de traces de désolation. Certes, les canons des artilleurs de la forteresse ne portaient pas jusqu’à nos murs. Toutefois, les assiégés faisaient des sorties nocturnes hors des remparts, le long de la Moselle, jusqu’à Monhaven. Quelques-uns réussirent à faire des attaques se terminant éventuellement par des incendies. En une nuit, pas moins de huit bâtiments seraient devenus la proie des flammes.

 

L’ermite a échappé à la mort. Il se fit un devoir d’inhumer en terre chrétienne les cadavres sortis des gravats et des décombres dans la mesure où ses forces affaiblies le lui permettaient.

 

Des années passèrent !

 

 

Notre Dame de Manom

 

L’angélus de midi venait juste d’annoncer la fête de l’Assomption pour le lendemain. L’ermite, physiquement brisé interrompit son travail au jardin du presbytère et récita l’angélus. De loin, dans la lumière éblouissante de ce midi d’août, la chère colline de son village natal où il avait été  autrefois un enfant épanoui, lui faisait signe. De diligentes abeilles bourdonnaient dans le parfum des raisins précoces, des mirabelles et des quetsches, des pommes rouges et dans l’âpre arôme de noyers ombragés.

 

A travers les abat-voix du clocher s’échappait le roucoulement des pigeons somnolents. Des hirondelles voletaient dans l’air éthéré. Dans la poussière des chemins de jardins des moineaux impertinents prenaient des bains de poussière. Une multitude de grillons chantaient sur un ton strident. Des coups de marteau réguliers laissaient deviner que partout au village, on aiguisait les faucilles pour la moisson.

 

De la Moselle montait le bruit de l’intense trafic fluvial en amont et en aval. Une barque superbe, chargée de fret, descendait la Moselle à ce moment. Elle battait pavillon hollandais. Un joyeux brouhaha résonnait d’un bateau à l’autre renvoyé par l’écho, au milieu des vagues argentées dans une ambiance très estivale. La fête mariale proche réjouissait déjà les esprits et les cœurs.

 

Dans la barque naviguait un Père de la province de Malines avec quelques autres passagers. Il appartenait à un ordre fondé en 1534. Le religieux était absorbé par la prière du bréviaire. Une secousse soudaine du bateau le fit sursauter et le sortit de son recueillement. Au milieu du tourbillon du courant, exactement à la hauteur de l’église paroissiale de Manom , la barque s’arrêta comme retenue par une main céleste. Rameurs et pilote se regardaient sans comprendre. Les autres bateaux descendant la rivière, les embarcations tirées en amont perdirent le contrôle de leur direction. Que se passait-il ?

 

Oubliée, la chaleur brûlante de midi, finis, les joyeux appels et les répliques taquines. Le phénomène inexplicable les fascinait tous. Des domestiques résolus conduisant un attelage de chevaux sur le chemin de halage à la pause de midi furent les premiers à prendre conscience de la réalité. Ils encordèrent le bateau immobile sur le courant rapide et essayèrent à hue et à dia avec des claquements de fouet de faire bouger le bateau. En vain !

 

D’autres entrèrent dans l’eau pour vérifier si la quille du bateau n’était pas enlisée. Cela aussi s’avéra être une fausse piste. Partout on hochait la tête ! On conclut qu’il n’y avait pas d’explication rationnelle. Toujours plus de curieux accouraient . L’étonnement du début fit place à une émotion inconcevable.

 

Entre temps, Tonlieu, le fonctionnaire de l’octroi, était lui aussi arrivé sur les lieux. Ce qui se passait là pouvait également être du ressort de sa fonction. Et en qualité de représentant de l’autorité civile, sur place ordonna : » Déchargez le fret ! « Derrière l’incroyable, il soupçonnait un manquement au paiement de l’octroi.

 

Un après l’autre, les colis furent acheminés sur des planches de la barque jusqu’à la rive. Comme dernier élément de la cargaison, sous l’œil toujours méfiant de Tonlieu, deux hommes portèrent à quai une gracieuse statue de la Vierge à l’évidence sculptée par un artiste doué. Elle portait l’enfant Jésus sur son bras gauche et tenait dans la main droite un sceptre. Les passagers étaient descendus à terre, et avec eux , le Père de Malines. Le bateau restait toujours immobile dans le courant. Le ciel se couvrit de gros nuages orageux. Sur les hauteurs de Sierck grondait déjà sourdement le tonnerre. Le Père estima qu’il n’était pas concevable d’exposer la statue de la Vierge à la pluie cinglante de l’orage. Tonlieu, lui, savait ce qu’il convenait de faire, donna son accord pour la dépose de la statue. Il estima que pour l’ériger à l’église, il fallait l’accord  du curé. Sur quoi le Père rétorqua paisiblement que c’était son affaire. Mais un profond souci oppressait Tonlieu. Il lui semblait évident de devoir en référer sur cet incident à son chef direct, le « fermier des péages »et lui fournir un compte-rendu officiel.

 

(Les fermiers des péages sont des gens aisés qui perçoivent les droits d’octroi sur les routes et les rivières à la place de l’Etat et auquel ils versent une somme forfaitaire).

Mais il espérait mener à bien sa tâche grâce à son ami l’ermite qui savait écrire. Les porteurs de la statue de la Vierge prirent le chemin direct à travers champs vers l’église, Tonlieu en tête et à ses côtés le Père. Des curieux suivaient.

 

Tirés de la fraîcheur de l’ombre, le curé et l’ermite vinrent à la rencontre de cette curieuse procession. Le curé s’avança pour souhaiter la bienvenue à son confrère, le Père. L’ermite, à la vue de la statue, fit un pas de côté en tenant respectueusement son couvre-chef à la main. Dans la vigne, le sceptre de la Madonne sectionna une grappe de raisin mûr. Le fruit tomba inopinément dans le chapeau de  l’ermite, qui ne sut pas comment cela lui était arrivé . Le curé et le père le remarquèrent. Le Père dit à l’ermite : « Prends et mange, frère, que cela te fasse du bien. » Le malade exécuta la consigne. Bientôt des ecclésiastiques et des fidèles se trouvèrent à genoux et priaient avec ferveur dans le chœur de l’église devant la Madonne. Toutefois, parmi ceux qui priaient, on nota l’absence de l’ermite. Son ami Tonlieu l’avait emmené à l’auberge où l’ermite coucha sur le papier tout ce dont le pilote estimait devoir porter à la connaissance de son chef. Entre-temps, l’orage s’était éloigné. Mais on n’arrivait plus à déplacer la statue à l’église. Et le bateau sous pavillon hollandais s’était à nouveau inopinément remis en marche.

 

Après que le fermier des péages ait lu le rapport de son subalterne, il commanda une monture. Et bientôt il se trouva sur les lieux à Monhaven. C’était un homme à l’esprit ouvert et après avoir entendu de ses propres oreilles la narration intéressante des événements, il estima, après réflexion, qu’il existait des puissances qui n’étaient pas liées au temps et à l’espace qui agissaient selon des lois qu’aucun esprit d’homme mortel n’avait jamais pénétrées. Il expliqua à Tonlieu, avec des hochements de tête, que la surprenante situation serait plus compréhensible si elle s’était produite plus en aval, car à cet endroit des courants d’eaux imperceptibles auraient davantage permis un tel phénomène. Oui, ici dans ce rapide indomptable ! « Parbleu ! » ajouta l’ancien officier, se racla la gorge et conclut « qu’un tel événement dépassait toutes les notions militaires ».

 

Le miracle se révéla comme parfait, lorsqu’on vit le lendemain de bon matin l’ermite se rendre à grands pas et fière allure à l’église, pour sonner l’angélus.

Tombé la veille dans un profond sommeil réparateur, il s’était réveillé le matin comme un nouveau-né, délivré de toutes ses infirmités et embarras physiques, reliquat de la blessure contractée lors de sa dernière chevauchée. Et le Père, qui prononça l’homélie de la fête de l’Assomption, mit l’accent sur le fait que la « Pleine de Grâce » avait clairement fait comprendre qu’elle voulait être honorée et invoquée dans l’église de ce village tranquille, à l’écart du bruit et du brouhaha du monde.

 

« Notre Dame au sceptre » tel fut le titre que donna le prédicateur à la statue miraculeuse, car elle avait commandé à la nature là, où des soldats ardents à la guerre n’auraient pas même essayé de dompter ces puissances. Comme « Etoile du Matin, salut des malades », elle avait redonné la santé à un vieux guerrier voué au dépérissement.

 

L’après midi, des gens pieux, espérant du secours, venus de la ville et de la campagne où la nouvelle de l’événement miraculeux s’était répandue, suivaient la procession de la Sainte Vierge.

La tradition raconte que, le jour même, des prières furent exaucées. Une femme qui se rongeait les sangs à cause de la nostalgie et le désir de son fils trouva sa prière à Notre Dame de Manom exaucée.

En fin de soirée de ce jour de l’Assomption son fils revint, mûri, d’Italie .Il avait déserté en 1643 pour ne pas être impliqué dans des opérations de guerre. Il vint avec son propre attelage et sa jeune femme annoncer à la mère qu’il allait bien. Le même jour encore, des habitants retrouvèrent leur propre terre qu’ils avaient abandonnée lorsque notre village ressemblait pour ainsi dire à un champ de ruines. L’ermite, à nouveau éclatant de santé se fit le messager des faits miraculeux. Après la fête de l’Assomption, il se sentit poussé à visiter son lieu de naissance. Dans les localités où il passait et où sa mésaventure de 1643 était connue, on vit en lui le témoin vivant d’une action surnaturelle.

Peu après cependant il renonça au monde. L’appel du ciel exerça en son for intérieur un attrait toujours plus fort. Il le suivit et entra comme frère convers dans un ordre pénitent en Belgique. Auparavant, il avait fait don de son ermitage avec le terrain attenant à un couvent de religieuses à Thionville.

 

La première paroisse éloignée à venir en pèlerinage à Notre Dame de Manom fut Bergwiesen (il doit sans doute s’agir de l’actuel Berg, près de Sierck.)

D’autres paroisses s’adjoignirent les unes après les autres.

Le jour de la saint Wendelin (20 octobre) la paroisse d’Orscholz vint avec des pratiquants paroissiens de Oberleuken et Collesleuken. Ces pèlerins de la Klöft (la boucle de la Sarre) ne s’étaient pas annoncés pour le pèlerinage de saint Wendelin, car croyaient-ils, la procession n’aurait pas lieu en raison de la grave maladie du doyen en fonction. Les habitants d’Orscholz avaient dormi la nuit du 20 octobre dans les granges de Haute-Konz.

Ils atteignirent notre village le jour de la saint Wendelin après une marche de plusieurs heures le long de la Moselle. Le retour se fit dans l’après-midi sur des radeaux de troncs de sapins des Vosges qui flottaient en aval et débarquèrent les pèlerins près de Perl.

Dès lors, les pèlerinages à Notre Dame de Manom se développèrent.

Entre les deux guerres mondiales, les pèlerinages en nombre étaient chose courante. Des orants silencieux, des âmes en quête de secours, s’y rendaient toujours.

Depuis la circulation sur les routes, toujours plus bruyantes et plus dévorantes, a pris aujourd’hui des proportions proches de la folie, ce qui met fin, comme ailleurs, aux pèlerinages groupés selon la coutume ancestrale.

 

La Vierge au manteau.

 

L’attaque aérienne du 9 mai 1944 fut un jour d’horreur pour la commune. Dans son homélie du dimanche suivant, notre curé, l’abbé Louis Vagner, nomma Notre Dame de Manom « La Vierge au manteau protecteur ». A tous ceux qui entendirent son homélie, il fit part de sa conviction intime : seul un miracle avait sauvé la localité de la destruction. L’attaque, qui concernait l’aérodrome, avait commencé près de Lagrange, encercla le village, avant de se reporter sur l’objectif visé de l’autre côté de la Moselle. Cela dura pas mal de temps jusqu’à ce que la localité, restée indemne, se dégagea de la fumée piquante des explosions.

 

Chaque année, le jour de l’Assomption, notre paroisse renouvelle le souvenir de l’époque où le fait merveilleux se produisit qui donna une place d’honneur à la statue de la Vierge dans notre église. Tous ceux qui le peuvent, participent pieusement à la procession, pendant qu’on porte la statue de la Vierge qui tient à la main une grappe de raisin mûr. Après la procession, la sœur infirmière remet le raisin à un malade du village ayant besoin d’un réconfort particulier.

L’accélération du temps, les influences néfastes du monde extérieur troublant la paix des âmes ne peuvent à cette occasion empêcher les croyants de se remémorer les jours, où la Vierge s’est choisi notre paroisse.

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