Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Autres ctés de Paroisses

 

AUTRES COMMUNAUTES DE PAROISSES

 

Saint Pierre et Saint Paul

Curé : Jean GANTZER

 

Paroisses de St Maximin, St Pierre, St Urbain et Beauregard

Secrétariat : Presbytère Saint Maximin

3 place de l’Eglise, Thionville -tél 03 82 54 36 06

Email : paroisse.saintmaximin@orange.fr

Blog : http://stpierrestpaul.over-blog.com

 

Communauté du Bon Pasteur

Curé : Jean Pierre KOVACS

Paroisses de Veymerange, Volkrange, et Terville

Secrétariat : Presbytère de Veymerange

16 rue Saint Martin – tél 09 52 71 15 32 ou 03 82 50 40 06

Email : bonpasteurcourriel@free.fr

Blog : http://bonpasteur.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

 

 

6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 09:24

20 après le Génocide au RWANDA


TEMOIGNAGE D'UNE RWANDAISE EN FRANCE

 

DIEU CONNAIT NOS SOUFFRANCES, IL FAIT TOUT POUR NOUS DELIVRER"

J'Y CROIS, LE TEMOIGNAGE LIVRE CI-DESSOUS EST PARLANT.

 

Je m'appelle N., je suis née au Rwanda. J'ai deux enfants qui sont avec moi en France: un garçon âgé de 12 ans et une fille âgée de 10 ans. Nous sommes arrivés en juillet 1999 à la recherche de la sécurité et de la paix.

 

A partir du 1° octobre 1990, une guerre opposant les troupes gouvernementales et les forces rebelles a éclaté au Rwanda. La situation s'est rapidement aggravée, surtout à partir du 6 avril 1994, jour de l'attentat qui a coûté la vie au Président HABYARIMANA Juvénal. Immédiatement après sa mort, les hostilités entre les troupes gouvernementales et les forces rebelles  ont augmenté en intensité. Parallèlement, la guerre civile a gagné tout le pays.

 

Constatant que la menace était imminente, surtout à Kigali, ville où je résidais avec ma famille, j'ai vite évacué mes enfants. Etant veuve, je n'avais personne d'autre pour s'occuper d'eux. En effet, mon mari a été tué pendant la guerre.

 

Comme les rebelles avançaient très vite, nous avons fui les combats vers le Zaïre

(Actuellement la République Démocratique du Congo), pays à l'ouest du Rwanda.

Nous y sommes restés jusqu'en 1996.

 

Après une transition de deux ans dans la promiscuité des camps de réfugiés, deux ans de déchéance et de privation à l'alimentation saine, aux soins adéquats, à l'éducation des enfants, deux ans  de harcèlements de tout genre, c'est la randonnée de la mort qui reprend.

Les camps sont bombardés et nettoyés à l'arme automatique, à la roquette et aux grenades.

Les réfugiés fuient en débandade. Les mères sont les plus vulnérables, elles qui portent les enfants soit sur le dos ou dans le ventre, soit en les traînant sur la piste à travers les forêts denses, les jungles et marécages. Elles doivent courir quand la bombe tombe ou quand la mitrailleuse crépite, mais souvent, elles ne peuvent pas courir. Elles doivent veiller sur les enfants tout le long du parcours sans savoir si elles –mêmes s'en sortiront. Mais " Dieu  connaît nos souffrances, il fait tout pour nous délivrer".

 

Sur ma route, j'ai croisé un jeune de 20 ans qui était découragé, il pensait que c'était la mort pour lui, parce que nous étions encerclés. Il était assis et ne voulait pas continuer à fuir. Je lui ai dit alors:" est-ce que tu crois en Dieu ? " Il m'a regardé d'un air moqueur. J'ai continué à avancer et il m'a rappelé en disant: "Madame, qu'est-ce que vous venez de me dire ? Je lui ai répété: "est-ce que tu crois en Dieu ? " Et il me répondit: "quel est ce Dieu qui nous a abandonné, nous sommes pourchassés comme des bêtes sauvages, pourtant nous n'avons rien fait de mal ".

 

Je lui dis alors que notre Dieu est un Dieu de tendresse, qui marche avec nous, il est avec nous, il nous conduit, il nous éclaire pour nous en sortir et j'y crois. En tout cas ces rebelles ne m'auront pas avec mes enfants.»

 

Il répliqua: "c'est vrai, moi aussi je vais continuer ma route et je lui dis : "courage, ait confiance en Dieu, il est là, il est avec toi".

 

Le fait d'avoir tellement confiance en Dieu, sur ma route malgré les difficultés, les embuscades tendues par les rebelles, j'ai pu m'en sortir, j'ai pu les surmonter. Tout le long du trajet, je priais avec mes enfants, nous demandions qu'il nous aide à nous en sortir, qu'il nous sauve. Je leur disais que Dieu nous aime et nous réserve de bonnes surprises: peut-être que nous arriverons dans un endroit paisible.

 

Effectivement, Dieu a entendu nos cris qui montaient vers lui. Nous avons pu arriver en France en juillet 1999. En 2000, la France nous a accordé l'asile politique + la carte de séjour de 10 ans.

 

Bien que nous sommes à l'abri de l'insécurité, dans la vie de tous les jours, nous sommes confrontés à d'autres difficultés: problèmes d'intégration dans la société, de trouver du travail, de trouver un logement, problème d'éducation des enfants. Nous devons lutter pour survivre.

 

Devant toutes ces difficultés, nous ne baissons pas les bras, nous ne cédons pas au découragement. Nous avons confiance en Dieu et nous gardons courage.

 

 L'INTEGRATION DANS LA SOCIETE

La société française qui nous accueille a sa culture. Nous arrivons avec notre culture, et nous devons nous adapter à la culture trouvée sur place. Cette société fait tout son possible pour nous accepter. Quelquefois ce n'est pas aussi évident qu'on le pense. Il faut que chacun avance vers l’autre. L'initiative de faire le premier pas vers l'autre manque parce qu'on a peur, on n'a pas confiance.

Il faut se faire confiance réciproquement et faire confiance en Dieu qu'il nous guide.

 

Si la société française nous accueille chez elle, nous devons montrer que nous prenons part à sa vie de tous les jours en avançant ensemble. Nous devons montrer que nous sommes capables de nous prendre en charge. Pour ce faire, il faut trouver du travail, chose qui n'est pas facile. Plusieurs critères à prendre en compte. Des réponses négatives découragent, on se demande comment faire pour trouver du travail.

Dieu étant avec nous dans les épreuves, il nous donne la force et espérance pour continuer à lutter, à chercher jusqu'à ce qu'on trouve du travail.

 

Dans la vie, j'ai connu des hauts et des bas. Maintenant, le Bon Dieu me tend sa main pour me relever. Pour y arriver, je veille à l'éducation de mes enfants et à leur survie. Je pense même que je suis sur la voie, j'ai trouvé du travail et je remercie le Bon Dieu.

 

EDUCATION DES ENFANTS

 

L'éducation des enfants est une mission difficile et délicate. Elle ne se limite pas à l'école ou à la maison. Nous avons besoin de rencontrer d'autres parents pour échanger nos expériences pour une bonne éducation.

Pour cela, j'ai fait inscrire mes enfants au catéchisme pour découvrir l'amour infini de Dieu qu'il a pour ses enfants. Ils ont la foi en Dieu, mais il faut l'entretenir, il faut la faire grandir.

Mes enfants ont toujours confiance en Dieu et que c'est lui qui les guide, qui les aide s'ils ont des problèmes. Je cultive en eux cet esprit de confiance dans l'avenir, qui, malgré les limites, les échecs, repose sur Dieu.

 

Témoignage donné lors de la rencontre Européenne Paris –Taizé en décembre 2002.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Communauté de paroisses de la Sainte Famille - dans Pastorale des migrants
commenter cet article

commentaires